Comment créer du changement ?

Pourquoi le changement?

On aimerait tous un peu changer afin d’être le meilleur de soi-même. Mais, on souhaiterait changer quoi exactement? Pour qui? Parfois notre objectif n’est pas tout à fait clair, et c’est pourquoi il est difficile de créer ce changement. D’une autre part, on aimerait changer la société, les valeurs d’autrui afin que tout le monde pense et soit pareil. Malheureusement… on va se le dire, ce n’est pas réel comme pensée, c’est carrément impossible. Or, chaque personne peut tout de même apporter son je-ne-sais-quoi à la société. En étant le meilleur de nous-mêmes, selon nous, tout le monde sera prêt à collaborer et travailler en équipe peu importe les différences.

 

L’approche de Prima Danse

À travers les ateliers Prima Danse, notre objectif n’est pas de changer les jeunes. En fait, notre mission est de les inviter à se poser des questions et développer leur esprit critique sur la société en général et sur soi-même.  En tant que parent ou professeur.e, on aimerait peut-être que nos jeunes puissent changer du jour au lendemain selon nos valeurs. Cependant, c’est rare que ça l’arrive aussi facilement. Nous sommes parfois inquiets pour eux à savoir comment vont-ils réagir avec les médias sociaux ? Comment vont-ils réagir avec la légalisation du canabis? La pire chose à faire est de décider pour quelqu’un d’autre comment agir selon la « bonne » façon.

 

C’est pourquoi dans nos ateliers nous préférons échanger avec les jeunes afin de comprendre, pour nous, leur réalité, et ainsi de notre côté, de partager nos pensées et craintes que nous avons à leur égard. De cette façon, les jeunes sont beaucoup plus réceptifs et ouverts d’esprit sur divers sujets. On s’entend, nos ateliers sont révisés par des professionnels, nous avons des outils concrets et des animateurs d’expérience. Donc, il est quand même plus facile d’apporter un changement direct. Ce que nous souhaitons suggérer ici ; des idées et solutions dans le but d’entamer des discussions qui pourraient plus facilement s’enflammer dans notre quotidien. Voici donc quelques trucs à penser pour toutes conversations plutôt importantes avec un ami, un fils, une fille, un mari, une conjointe, en bref, avec n’importe qui.

 

La loi de l’effet

Sur le coup, nous avons peut-être l’impression que certaines discussions ne mèneront nulle part… par contre, chacun assimile les informations à sa propre vitesse, et c’est un aspect primordial à respecter. Une personne pourra réagir en 2 secondes tandis qu’une autre pourra saisir l’information peut-être dans quelques années seulement.

Que ce soit en tant qu’ami.e, professeur.e ou parent, lors d’une discussion de ce genre, nos ou notre interlocuteur.s/ interlocutrice.s peuvent avoir de la difficulté à assimiler le sujet, parfois la compréhension à ce moment même est impossible pour diverses raisons.

Nous n’avons pas les mêmes expériences et ne nous sommes pas rendus à la même place, alors il est important de laisser réfléchir chacun pour soi, et non insister. Ce principe s’explique par la Loi de l’effet : nous n’allons pas tous réagir de la même façon puisque la réaction face à quelque chose dépendra de 3 éléments : L’individu, le contexte et le sujet. La loi de l’effet a été créée à la base pour les personnes dépendantes aux substances toxiques, mais peut s’appliquer sur l’individu en général aussi.

 

  • L’individu : l’être humain en tant que tel.
  • Le contexte : l’expérience de l’individu, son passé, ses connaissances personnelles.
  • Le sujet (substance): Le sujet de conversation (un objet, un élément provocateur, élément perturbateur)

Ainsi, il est important de comprendre que nous sommes tous différents et que la personne en face de nous ne recevra peut-être pas l’information comme nous l’avions imaginé. C’est pourquoi il faut respecter notre partenaire et être attentif à sa réception d’un message autant face à un groupe qu’une rencontre un à un.

 

Solution suggérée : Donner une information à la fois. Souvent, nous avons tendance à garder plusieurs éléments à l’intérieur de nous, et tout dégringoler en même temps, et c’est à ce moment que la discussion devient enflammée ! Il est possible de discuter de plusieurs points lors d’une conversation, mais il est important d’assurer qu’un point à la fois a bien été assimilé et compris avant de poursuivre sur un prochain point.

 

3 composantes de la motivation :

Afin d’obtenir une discussion agréable souhaitant aborder des sujets peut-être un peu délicats, voici d’autres éléments à observer chez les interlocuteurs/interlocutrices :

1) Importance (Vouloir changer, être ouvert à la différence)

2) Autoefficacité (Se croire capable de penser autrement ou capable d’essayer la différence)

3) Priorité (être prêt maintenant)

 

1) Vouloir changer ou être ouvert à la différence

va sincèrement permettre une discussion plus agréable. Souvent, quand Prima Danse arrive dans une école, par exemple, les jeunes sont avertis de notre présence. Pourquoi? Puisque nous pourrions être un élément perturbateur, un élément nouveau à leur routine, ce qui pourrait causer une fermeture instantanée. Par contre, le fait d’avertir permet à l’autre d’être prêt à recevoir des informations nouvelles et différentes. En tant que professeur.e, il est important d’annoncer les nouveautés afin d’éviter le chaos et les réactions fortes face à un sujet chaud. Et lors d’un dialogue, voici ce que nous proposons:

**  Dire la phrase : « Il faut qu’on se parle » engendrait du stress et de l’appréhension non nécessaire qui rend autrui sur la défensive avant même le début de la discussion. Comment avertir alors ? Simplement demander quand la personne est libre en soirée par exemple **

 

2) Se croire capable de penser autrement ou se croire capable de modifier ce que l’on est.

Parfois, une personne peut être prête à écouter, mais se dit intérieurement que rien ne changera pour autant dans sa vie.

 

C’est pourquoi à travers nos ateliers, nous y allons en étape. Au départ, nous entamons le sujet en échangeant avec les jeunes, faire une introduction sur le sujet et expliquer quelques notions du genre c’est quoi la définition du mot : Hypersexualisation ou encore comment fait-on pour savoir si certains gestes s’agissent-ils d’intimidation? Par la suite, nous allons dans le concret en demandant aux jeunes de s’investir corporellement. Dans les ateliers Prima Danse, nous travaillons l’écoute et l’empathie. En pratiquant des exercices corporels, les jeunes appliquent un changement puisqu’on leur demande d’intégrer la nouveauté à travers leur corps. Ainsi, ils réalisent qu’ils sont capables aux changements physiquement.

 

Dans le quotidien c’est pourquoi il faut être à l’écoute de notre interlocuteur/ interlocutrice. Si en partageant une information, en classe ou lors d’une discussion entre 2 personnes, nous observons que celle-ci n’est pas comprise ou acceptée, il y a 2 solutions :

a) Cesser la conversation, et réessayer dans un avenir rapproché

b) Poser des questions, tenter de comprendre en profondeur cette réaction

3) Être prêt maintenant 

Il y a des journées qu’on « feel » moins. Toutes informations semblent impossibles à recevoir. C’est pourquoi qu’il faut accepter, d’une personne à l’autre, d’une journée à l’autre, qu’il sera difficile de faire assimiler nos propos. Ainsi, lors d’un échange entre 2 personnes ou encore devant un groupe, il faut peut-être attendre à demain avant de poursuivre la discussion entamée.

Or, lorsque Prima Danse se pointe dans une école nous ne pouvons pas revenir tout simplement le lendemain. Dans une classe de 30 élèves, il est impossible pour nous de connaître l’humeur de tous. Alors, lorsque nous voyons qu’un élève semble moins réceptif à notre atelier, nous tenons à respecter le retrait de ces personnes. Nous savons que l’intervention ne mènera à rien de positif si nous décidons de forcer les choses. En échange, nous encourageons les comportements positifs, et nous démontrons les impacts directs que les ateliers leur apportent. Par eux-mêmes, les participants auront assimilé certaines informations qu’ils ou elles comprendront, peut-être, une fois ultérieure tout simplement.

**Dans toutes les situations soit en groupe ou individuellement, forcer quelqu’un ne sera jamais une solution, au contraire, c’est le meilleur moyen pour renfermer quelqu’un davantage.**

 

Le cycle du changement de Prochaska et DiClemente

Donc, une fois que nous sommes conscients des aspects mentionnés un peu plus haut, Nous pouvons pousser encore plus loin la question : Comment parvenir à aider aux changements, et ce même à long terme? Autant pour soi que pour autrui. Nous allons expliquer les étapes face aux changements selon le cycle du changement de Prochaska et DiClemente. Parfois, nous croyons qu’accepter le changement et l’appliquer est simple, et bien on se trompe ! En plus, être conscient de l’existence de ce cycle du changement permet d’accepter peut-être mieux certains débats.

 

Étape 1 : Précontemplation : La personne se voit incapable de changer. Ne veut pas écouter les conseils. L’individu et/ou le groupe trouve les idées des autres ou celle du professeur.e mauvaises comparées aux siennes.

À partir de cette étape, la personne n’est pas prête à quoique ce soit face à la nouveauté. Il est donc important d’être conscient de cette partie afin d’entamer une conversation de ce type, et revenir une fois ultérieure.

Solution : Favoriser la réflexion sur soi-même

 

Étape 2 : Contemplation : L’individu a envie de changer, mais on ne sait pas comment faire. La personne est consciente qu’il y a autre chose, que la différence existe, mais ne sait pas comment s’y prendre pour l’accepter.

Pour cette étape, il y a déjà un grand avancement. Être conscient de ce qui se passe autour de nous, et ce qui est différent de nous, est une étape cruciale! Ensuite, il faut, en fait, se faire confiance pour vouloir explorer plus loin.

Solution : Explorer les raisons de ce questionnement, voir les obstacles à ce problème. Il peut même s’agir d’une activité produite en groupe!

 

Étape 3 : Préparation : Se préparer au changement. Se préparer à recevoir des nouvelles informations

Ici, on est prêt! L’individu prépare, pense aux idées possibles afin de réaliser le changement.

Solution : Aider la ou les personne.s dans son cheminement

Établir les priorités

 

Étape 4 : Action : Les changements ont lieu!

On met en pratique notre plan d’action! On fait des tests, on voit une différence, le changement a lieu!

Solution : Aider la ou les personne.s à poursuivre

 

Étape 5 : Maintien : Se fait par soi-même, et tout le processus se réalise sans embuche.

L’étape ultime puisqu’elle est peut-être plus dure à réaliser. Pourquoi? Dans les premiers jours, la motivation est au maximum! On voit les changements rapidement. Avec le temps, les changements n’ont plus le même impact direct, donc c’est réussir à conserver le changement malgré, parfois, la baisse de motivation.

Nous pouvons le voir chez un individu ou dans une société complète. Conserver, maintenir un changement est l’étape la plus difficile.

Solution : prévoir les risques possibles

Le cycle est un cercle : Ainsi, même si, l’individu, le groupe ou une société a atteint l’étape 5, et bien, il est possible aussi de « rechuter ».  Il suffit qu’une journée, nous allons moins bien, tel que mentionné plus haut, ou encore, que le changement semble finalement trop grand, donc il faut accepter cette étape, et être prêt à recommencer le processus pour soi-même ou le groupe auquel on s’associe (classe, travail, société). Et, accepter en tant qu’interlocuteur/interlocutrice qu’il faudra reprendre le processus complet afin d’améliorer une fois de plus le point discuté.

 

Le mot changement vous fait peur ou vous permet d’avancer?

Le mot changement apporte beaucoup de bénéfices à une société et un individu. Or, ce mot fait peur à la fois. Nous sommes tellement bien dans nos pantoufles, et la vie semble parfois beaucoup plus simple en gardant nos vieilles habitudes, mais de cette manière, on n’avance pas. Au contraire, on ne fait que reculer. C’est pourquoi Prima Danse souhaite créer un changement en visitant les écoles, résidences, centres jeunesse et plus. Parfois, une simple information peut sembler anodine, mais peut créer un changement si grand pour une personne. Donc, prendre le temps de connaître notre objectif à travers une discussion afin d’éviter de s’éparpiller et enflammer une situation. Prendre conscience de la loi de l’effet sur l’individu et soi-même, du cycle de changement et le plus important ÊTRE À L’ÉCOUTE.

Une dernière chose, nous avons une question à se poser : Il est facile d’entamer ce genre discussion, mais en échange, sommes-nous prêts à recevoir ce genre d’information aussi? L’autre personne doit être prêt et ouvert, mais nous devons l’être aussi à la fois.

 

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